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État de la disponibilité de services de santé au Québec

À l'été 1996, la Chaire de coopération Guy-Bernier de l'Université du Québec à Montréal, en collaboration avec l'Union des municipalités régionales de comté et des municipalités locales du Québec (UMRCQ), réalisait un sondage auprès des municipalités du Québec, sur l'état de la disponibilité de services de santé au Québec. Certaines données qui en ressortaient étaient à tout le moins inquiétantes compte tenu que le Québec baignait dans une vague de transformations majeures du système de santé et que rien ne laissait présager qu'à court ou à moyen terme la situation se réglerait pour ces municipalités. En fait, d'après le sondage, il y avait 125 municipalités entre 1 000 et 10 000 habitants sans accès à des services de santé dans un rayon d'au moins huit kilomètres. Par surcroît, une trentaine d'autres municipalités estimaient très probable la possibilité de se retrouver dans une situation similaire. Les résultats du sondage révélaient que les régions de la Montérégie, du Centre-du-Québec et de l'Abitibi-Témiscamingue étaient les plus affectées par cette absence de services sur leur territoire, (Girard 1996a).

À l'été 1998, compte tenu des résultats du sondage de 1996 et la poursuite des transformations majeures dans le système de santé québécois, la Chaire de coopération, sollicitant de nouveau la collaboration de l'UMRCQ, a décidé de récidiver. Cette fois-ci, le sondage comportait davantage de secteurs. Bien entendu, il importait de constater l'état de la disponibilité des services de santé de type clinique, mais il fallait également constater celui des services de maintien et de soins à domicile ainsi que celui de l'hébergement spécialisé, soit sous forme de court terme pour la convalescence ou de long terme pour des personnes en autonomie réduite. Deux secteurs d'activité qui, par conformité aux besoins émergents, sont devenus prioritaires pour les instances publiques.

Le sondage de 1996 n'avait tenu compte que des municipalités entre 1 000 et 10 000 habitants qui ne disposaient d'aucun service de santé dans un rayon de huit (8) kilomètres. En 1998, nous avons considéré tous les répondants car la situation pour les municipalités entre 1 et 1 000 habitants et 1 001 à 5 000 habitants semble préoccupante. De plus, aucun kilométrage n'était mentionné, nous demandions simplement s'ils disposaient de ressources, professionnelles, de maintien à domicile et d'hébergement spécialisé, sur le territoire de leur municipalité. Sur environ 1 000 municipalités sondées, 200 ont répondu. Ce qui donne un taux de réponse d'environ 18 à 20 % alors que le sondage de 1996 avait récolté un taux de réponse d'environ 40 %. Cet écart s'explique notamment par le fait que le sondage de 1996 s'inscrivait comme activité du Chantier de l'économie sociale dans le cadre du Sommet sur l'économie et l'emploi et bénéficiait ainsi d'une visibilité plus importante.

À l'instar des résultats de 1996, ceux de 1998 démontrent qu'il y a effectivement des lacunes au niveau de la répartition des ressources de première ligne, de maintien et de soins à domicile et d'hébergement spécialisé à travers le Québec. Certaines régions sont davantage démunies que d'autres. Environ 128 des municipalités qui ont répondu au sondage disent n'avoir accès à aucun service de santé de première ligne sur leur territoire. Les régions les plus touchées en 1998 sont l'Estrie, l'Abitibi-Témiscamingue et le Centre-du-Québec. Au niveau du maintien à domicile, la situation semble être moins problématique car le nombre de municipalités sans services de maintien à domicile chute à 94. Les régions les plus affectées sont la Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine et Québec. Enfin, le sondage démontre que 104 municipalités ne disposent pas d'établissement d'hébergement spécialisé sur leur territoire. L'Abitibi-Témiscamingue et le Centre-du-Québec font partie des régions les plus affectées.

Prendre part au changement : Le changement, souhaité depuis fort longtemps, a été rendu inévitable par les compressions budgétaires de la fin des années 1980 et le début des années 1990. Le Forum national sur la santé, instauré par le gouvernement fédéral pour faire le point sur la situation des systèmes de santé canadiens, a clairement indiqué qu'il était nécessaire que les particuliers, les familles et les communautés prennent part au changement et en dirigent le cours (Forum 1997). C'est dans cette perspective que se sont inscrites les coopératives ¦uvrant dans le domaine de la santé au Québec, que ce soit au niveau de la prestation de services de santé, du maintien à domicile ou de l'hébergement spécialisé : une participation au changement par et pour les citoyens. Ces initiatives font voir de nouvelles formes de partenariat dans lesquelles des municipalités, particulièrement préoccupées par la qualité de vie des citoyens, s'engagent à supporter activement ces coopératives, de la phase du démarrage à celle du fonctionnement.

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NOTE BIBLIOGRAPHIQUE

État de la disponibilité de services de santé au Québec, été 1998, Isabelle Garon, Jean-Pierre Girard, mars 1999.


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