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La coopérative de travail: interaction conseil d'administration et direction générale : une dynamique à mieux comprendre revue de littérature

Au coeur du gouvernement de l'entreprise, la relation conseil d'administration/direction générale s'avère une articulation délicate entre des fonctions stratégiques et des fonctions opérationnelles. Si en général dans les coopératives, on peut facilement démarquer un et l'autre parce que les administrateurs ne sont pas nécessairement en lien direct avec l'activité de la coopérative, dans une coopérative de travail il en va autrement : les dirigeants sont aussi des salariés de l'entreprise. Il peut être tentant d'utiliser la tribune du conseil d'administration pour traiter des questions d'intendance quotidienne en perdant de vue d'autres responsabilités y inclus celles prescrites par la loi. De plus, si la finalité d'une entreprise à capital action est aisément mesurable et perceptible, la valorisation de l'avoir des actionnaires, celle d'une coopérative est plus diffuse : la satisfaction des besoins des membres ou la maximisation de l'avantage coopératif. Comment bien camper cet objet dans les travaux d'un conseil d'administration d'une coopérative de travail sans pour autant se substituer à la direction?

C'est nourri de ses interrogations que la Fédération québécoise des coopératives de travail et le comité sectoriel de main d'¦uvre en économie sociale et action communautaire ont demandé à la Chaire de coopération Guy-Bernier de l'Université du Québec à Montréal de réaliser une revue de littérature sous le thème.Les coopératives de travail : L'interaction conseil d'administration-direction générale: une dynamique à mieux comprendre. La complexité et l'interdépendance du sujet avec d'autres facteurs ont incité les auteurs à un traitement large de la question : approfondir la connaissance des recherches sur les coopératives de travail réalisées au Québec mais aussi à l'étranger et lorsque pertinent, ouvrir sur d'autres perspectives susceptibles d'enrichir l'analyse, par exemple la gouvernance dans les organisations sans but lucratif ou le cadre de relation conseil d'administration/direction générale au sein de coopératives de producteurs. Ce rapport se décline en huit sections.

Dans la section sur les dimensions de l'entreprise on fait une importante mise en garde : même dans un contexte ou les travailleurs sont propriétaires de l'organisation, il n'y a pas d'assurance que l'organisation du travail sera avant-gardiste. Le mode de gestion peut-être très traditionnel, basé sur des rapports d'autorité et encourageant la déqualification du travail par l'atomisation des tâches. Mais ce n'est pas inéluctable. Parallèlement au développement de l'entreprise, les paliers décisionnels peuvent se multiplier, la fluidité de l'information entre les divers acteurs laissé à désirer. Des acteurs peuvent se coaliser, le conseil d'administration et la direction générale ou le conseil d'administration et les sociétaires. Dans le premier cas, il y a fort risque d'affirmation d'un contre pouvoir, dans le second, l'isolement de la direction ne peut conduire à terme qu'à son renvoi.

La formation des administrateurs facilite l'exercice de leur fonction. Mais cette formation doit être désirée et cohérente à ce que fait l'organisation. Un écart trop grand rend le processus futile. Cette formation doit être aussi accessible au plus grand nombre au risque de voir les élus devenir inamovible pour cause de non-préparation de leurs pairs!

La participation n'est jamais une chose acquise, il faut l'encourager, la soutenir. Si l'élan fusionnel du départ facilite la mobilisation des membres, au fil des années, cette participation peu devenir plus laborieuse d'autant que des phénomènes de centralisation du pouvoir peuvent interroger la raison d'être d'une présence au conseil d'administration. Mais outre des exigences très précises de la loi sur les coopératives sur la fonction de dirigeants, le Code civil renforce cette responsabilité. Les écrits sur la gouvernance suggèrent quelques règles qui favorisent un partage clair des champs de compétence conseil d'administraion/direction générale et identifient des pratiques favorables à des relations réfléchis.

NOTE BIBLIOGRAPHIQUE

La coopérative de travail : interaction conseil d'administration et direction générale : une dynamique à mieux comprendre revue de littérature, Comité sectoriel de main-d'oeuvre de l'économie sociale et de l'action communautaire (CSMO), Fédération québécoise des coopératives de travail (FQCT), Chaire de coopération Guy-Bernier (CCGB), Jean-Pierre Girard, Annik St-Pierre, février 2001.


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