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L'Association coopérative de production audio-visuelle (ACPAV) : la production indépendante dans un milieu coopératif

Cette recherche s'inscrit dans le cadre d'une démarche plus vaste entreprise par le GRICIS (Groupe de recherche sur les industries culturelles et l'informatisation sociale) qui s'intéresse aux transformations du secteur de la production audio visuelle. Le développement d'une véritable industrie de la production indépendante est relativement récent et demeure, jusqu'ici, peu documenté. Nos objectifs de recherche sont de tracer le portrait de l'Association coopérative de production audio visuelle (ACPAV), d'expliquer l'évolution de ses stratégies organisationnelles et économiques dans un environnement culturel en mutation et de préciser dans quelle mesure les transformations du secteur modifient les règles du jeu et les logiques auxquelles se conforment les différents acteurs dans l'industrie de l'audio visuel.

Au cours des deux dernières décennies, la production audio visuelle a subi de grands bouleversements. Au Canada, depuis la création d'organismes de soutien gouvernemental à la production cinématographique et télévisuelle, deux mouvements de rationalisation s'opèrent simultanément et répondent à des logiques complémentaires. Le double processus d'industrialisation et d'institutionnalisation de la production s'accélère au cours des années 1980 et a de nombreuses conséquences sur les intervenants et les entreprises du milieu. Pour leur part, les télédiffuseurs sont confrontés à une vive concurrence entre eux, à des surcapacités de production importantes, à une fragmentation des audiences et à une crise de rentabilité qui affecte leur capacité d'acquérir des productions indépendantes et de soutenir adéquatement le financement d'émissions canadiennes. Par leur réglementation et leur injection massive de capitaux, les interventions gouvernementales cherchent à structurer le développement industriel d'une production audio visuelle nationale en misant de plus en plus sur les entreprises indépendantes et un système de financement diversifié. Pourtant, la difficulté de rassembler et de recouvrir des investissements privés sur le marché intérieur constitue une contrainte de taille pour les producteurs qui doivent maintenant envisager des partenaires en coproduction pour répondre aux exigences de budgets toujours plus élevés.

L'ACPAV est l'une des maisons de production indépendante les plus anciennes au Québec. Financée au départ par un organisme fédéral, la Société de développement de l'industrie cinématographique canadienne (SDICC), qui souhaite rassembler ce groupe de créateurs dispersés, la coopérative est fondée peu après la crise d'octobre 1970 par de jeunes cinéastes dont plusieurs constituent aujourd'hui des valeurs sûres de la cinématographie québécoise. L'ACPAV devient rapidement le lieu de rassemblement d'une génération d'auteurs plus ou moins passionnés d'égalitarisme mais tous déterminés à refléter la culture québécoise francophone par le véhicule de l'expression cinématographique.

NOTE BIBLIOGRAPHIQUE

L'Association coopérative de production audio-visuelle (ACPAV) : la production indépendante dans un milieu coopératif, Gaëtan Tremblay, directeur et Michel Jolicoeur, agent de recherche, février 1993.


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