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La participation des travailleurs dans les coopératives de travail et dans les entreprises capitalistes au Québec

Jusqu'à tout récemment, il était relativement simple de faire la comparaison entre les coopératives de travail et les entreprises capitalistes, du point de vue de la participation des travailleurs. En s'en tenant aux droits de propriété, les coopératives de travail étaient supérieures. En effet, dans les entreprises capitalistes, les actionnaires majoritaires prennent les décisions et les travailleurs sont exclus; dans les coopératives de travail, ce sont les représentants choisis par les travailleurs sur la base d'un membre un vote qui siègent au conseil d'administration et dirigent l'entreprise.

Cette approche est de moins en moins valable, dans la mesure où de plus en plus d'entreprises capitalistes adoptent différentes formes de participation des travailleurs et ce, pour plusieurs raisons. La crise du travail, dont les premières manifestations se sont produites dans les années 1960, a fait connaître 1'aspiration des travailleurs pour 1'autonomie et 1'inclusion. En outre, la demande des consommateurs pour des produits variés et de qualité, I'ouverture des marchés nationaux et les exigences des nouvelles technologies ont révélé pour plusieurs entreprises les limites de l'organisation tayloriste du travail.

Le texte est constitué de trois parties. En premier lieu, nous présentons un état des recherches comparant la participation entre les entreprises capitalistes et les coopératives de travail. En deuxième lieu, nous définissons quelques principes méthodologiques de l'approche comparative et nous présentons les principales caractéristiques des coopératives de travail constituant l'échantillon. En troisième lieu, nous identifions deux dimensions permettant de comparer les deux types d'entreprises: la dimension institutionnelle et la dimension organisationnelle. La dimension institutionnelle réfère aux règles du jeu qui précisent la

partie patronale et les travailleurs, entre les actionnaires et la direction, entre les entreprises. À cet égard, les coopératives de travail ont une longueur d'avance, car la loi sur les coopératives reconnaître aux travailleurs le droit de diriger leur entreprise, qui peuvent ainsi faire des choix stratégiques (investissement, technologie, mise en marché). Ce droit est fondé sur la notion de propriété collective et sur une règle non capitaliste, c'est à dire un membre un vote. La dimension organisationnelle renvoie à la division du travail et sa coordination, le mode de gestion, la mobilisation des ressources nécessaires à la production, la mise en oeuvre de la production, etc. Les résultats actuels de nos recherches indiquent que les coopératives de travail n'ont pas été plus innovatrices que les entreprises capitalistes, notamment en ce qui concerne l'organisation du travail. Cette situation peut être attribuée à au moins deux facteurs. Premièrement les coopératives de travail ont sans doute moins souffert de la crise du travail que les entreprises capitalistes, ce qui aurait limité le besoin d'intervenir dans la sphère de l'organisation du travail. Deuxièmement, le marché des coopératives de travail se limite pratiquement à leur région immédiate et au territoire du Québec, dans des secteurs où la concurrence internationale est faible. La réponse aux questions que nous soulevons nous incite à poursuivre nos travaux, étant convaincu de la pertinence et de l'utilité de la recherche comparative.

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NOTE BIBLIOGRAPHIQUE

La participation des travailleurs dans les coopératives de travail et dans les entreprises capitalistes au Québec, Yvan Comeau, Benoît Lévesque, septembre 1994.


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